
Un personnage figé entre pulsion et fracture, prisonnier d’un cycle nocturne où l’alcool dicte la cadence.
Pleine lune est une œuvre forte pour gens avertis, presque suffocante, qui plonge dans les zones sombres de la dépendance à l’alcool. Le personnage, mi-homme mi-squelette, est figé dans un moment de crise silencieuse, coincé entre la lucidité et l’abandon. Il ne boit pas : il est déjà pris.
La bouteille et le grand verre réfléchissant occupent le comptoir rosé comme une présence obsédante, presque vivante. Ils ne sont pas accessoires, mais partenaires de la tragédie. Le décor de boîte de nuit, géométrique, hiéroglyphique, noyé dans une épaisse fumée, dissout les repères et accentue l’état de dérive mentale. Tout semble flotter, sauf la dépendance.
Un œil nous fixe, lucide, presque implorant. L’autre, attiré violemment par la bouteille, semble prêt à sortir de l’orbite. Ce déséquilibre du regard traduit la fracture intérieure : l’être divisé entre conscience et pulsion, prisonnier d’un rythme de vie qui l’épuise et le dévore.
Issue de ma période du mutationnisme, Pleine lune raconte une tragédie humaine sans détour. C’est une œuvre réactive, viscérale, qui ne cherche pas à moraliser, mais à montrer l’état brut d’un individu happé par l’alcoolisme, dans un cycle nocturne où la fête devient piège et la lumière, illusion.
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