Bio
condensée
Sylvain Paré, alias SPARE, est un artiste montréalais dont l’œuvre fusionne figuration urbaine et abstraction colorée, capturant des personnages uniques dans des compositions spontanées et vibrantes. Son parcours artistique a traversé les scènes alternatives de Montréal, avant de se diversifier dans la direction artistique et l’innovation technologique, tout en restant fidèle à une création intuitive et personnelle. Loin des diktats du marché, ses œuvres interrogent et défient le regard, favorisant une exploration profonde de l’esprit humain et de la condition contemporaine.
Démarche
artistique
Bonjour,
Mes récentes recherches et explorations picturales s’articulent autour d’une série intitulée « Les Candeurs allégoriques ». Ma démarche artistique s’ancre dans l’exploration de l’être et de son esprit, cherchant à donner forme à des « portraits des espaces intemporels de la conscience ». Je capture cet instant suspendu où la conscience et l’inconscience s’entrelacent, cet état de flottement entre deux mondes, comme dans la lune, comme happé par une réalité parallèle.
Mes toiles donnent vie à des personnages singuliers, porteurs de traits distinctifs et d’une identité propre. Cette nouvelle figuration repose sur un jeu de superpositions : des strates de peinture, des traits de crayon qui se croisent et dialoguent, préservant un lien organique entre l’esquisse initiale et l’évolution de l’œuvre.
À travers un équilibre subtil entre lignes graphiques et formes abstraites, mes compositions tissent une résonance intérieure, un écho spirituel qui transparaît dans l’ensemble de mon travail. Chaque tableau devient ainsi une naissance, un être nouveau imprégné d’une charge émotionnelle unique.
Sylvain Paré, alias SPARE
Portrait
Un créatif à 360°
Entre art et innovation
Au fil des ans, Sylvain Paré a su jongler avec les disciplines, explorant divers horizons créatifs pour fusionner art et vie professionnelle. Directeur artistique, designer graphique et artiste entrepreneur, il a développé une expertise polyvalente, orchestrant des projets en communication et marketing 360 avec une vision toujours tournée vers l’authenticité et l’impact visuel. Mais au-delà des titres et des fonctions, il demeure avant tout un peintre, de cœur et d’âme, façonnant un univers qui échappe aux tendances et s’ancre dans une quête d’expression pure.
Aujourd’hui, il navigue entre la cybersécurité et la peinture, occupant le rôle de Directeur de création et image de marque pour une entreprise québécoise d’avant-garde spécialisée en gouvernance, cybersécurité, services gérés et innovation TI. Cet équilibre entre rigueur technologique et liberté picturale façonne une production artistique fragmentée dans le temps, mais plus dense dans sa maturation. Chaque œuvre prend son souffle dans des cycles plus longs, où l’instinct et la réflexion s’entrelacent pour donner naissance à des pièces toujours plus percutantes.
Loin des diktats de la représentation et des rythmes imposés par le marché de l’art, SPARE privilégie une osmose totale entre son œuvre et sa vie, refusant la précipitation au profit d’une approche organique et introspective. Il en résulte une production fascinante, plurielle et déstabilisante, où chaque tableau défie le regard et convoque une émotion brute. Ses créations ne cherchent pas à séduire, mais à interpeller, laissant leur empreinte avec la même intensité que l’artiste les a vécues.
2020 à aujourd'hui
Les portraits des espaces intemporels de la conscience
Série #1
Les candeurs allégoriques
Mon travail évolue sans cesse, et ces dernières années, j’ai amorcé une nouvelle recherche picturale axée sur l’être et son esprit. Aujourd’hui, je la définis comme une exploration des « portraits des espaces intemporels de la conscience ».
Ces œuvres capturent un état d’entre-deux, ce bref instant où la conscience et l’inconscience se frôlent, où l’esprit se vide soudainement, presque par accident. Un laps de temps imperceptible où l’on cherche une réponse qui n’existe pas, où tout semble suspendu, hors du temps et du tangible. C’est précisément cet instant fugace, ce vertige intérieur, que j’essaie de figer dans les regards et les expressions de mes personnages.
Dans cette quête picturale, je préserve un équilibre délicat entre le trait de crayon et la peinture, refusant d’effacer totalement l’esquisse initiale. Mes personnages évoluent dans un univers abstrait, libéré de toute référence à un espace physique familier. Cette nouvelle figuration se construit par superposition de couches de peinture et de traits graphiques, tissant un lien organique entre l’ébauche et son évolution finale.
Toujours ancrée dans un jeu de références linéaires et de formes abstraites, cette figuration devient un écho visuel d’un dialogue intérieur. Chaque toile révèle un message spirituel subtil, une vibration perceptible à travers l’ensemble de l’œuvre qui se dévoile progressivement.
Le Cartoonnisme
Une figuration contemporaine
Il fut un temps où, après mûre réflexion, je définissais mon style comme étant du cartoonnisme. Aujourd’hui, en observant l’évolution de l’art, je constate que de nombreuses œuvres contemporaines pourraient également être perçues sous ce prisme, s’inscrivant pleinement dans cette expression.
Comme une mutation naturelle de la peinture figurative, ce mouvement semble s’être nourri du cinéma, de la technologie, de la bande dessinée, du pop art, des émojis et bien plus encore, donnant naissance à une nouvelle forme de figuration. Ce n’est ni de l’art brut, ni de l’art naïf, ni simplement de la bande dessinée, mais une esthétique qui résonne avec notre époque—un reflet du monde contemporain à travers un langage graphique instinctif et percutant. Un retour à une figuration brute, souvent maîtrisée, qui façonne inconsciemment notre perception du monde moderne.
Des écrans d’animation de notre enfance aux icônes de nos communications numériques éphémères, cette esthétique s’impose partout, imprégnant notre quotidien sans même que nous en ayons pleinement conscience.
Ceci est ma première tentative de mettre en mots le cartoonisme, un concept et un ressenti qui m’habitent depuis les années 2000. Peut-être que, avec le temps, je le développerai davantage, entre deux créations ou avec l’éclairage d’un(e) spécialiste en interprétation de l’art. Mais en fin de compte, ce seront probablement les historiens de demain qui trancheront sur la portée réelle de cette vision. D’ici là, nous serons morts, mon frère, comme le chantait si bien Raymond Lévesque.
Le Mutationnisme
Les origines
Le mutationnisme marque le début de ma démarche picturale. Les œuvres regroupées sous cette imagerie nous ramènent à notre instinct primal, à ce côté animal profondément ancré en nous, qui se révèle au fil de l’évolution et des expériences de vie. Bien que cet univers attire souvent un regard sensible à une esthétique plus sombre, parfois qualifiée de gothique, il s’inscrit avant tout dans une vision contemporaine libre, affranchie des tendances éphémères et des codes imposés.
Je définis cette période par plusieurs phases d’exploration, propres à mes débuts. Il y a, dans la jeunesse, cette impression que le temps s’étire indéfiniment, que le sablier s’écoule lentement. Les opinions se construisent alors dans la contestation, les revendications, les frustrations et une forme d’incompréhension face au monde, à son histoire et aux structures héritées de millions de vies passées qui conditionnent notre existence actuelle.
C’est dans ce contexte que sont nées des œuvres inspirées par des thèmes plus lugubres, que certains qualifieraient de noirs. Elles côtoient la vie et la mort, exposent leur brutalité lorsqu’elles sont habitées par la haine, la domination ou la violence imposée. Les guerres, le désir de vivre, les inégalités, les frustrations et les injustices traversent ces créations comme un cri lancé vers le ciel, dénonçant les incohérences d’une société où le bien et le mal tentent sans cesse de s’équilibrer.
Le développement de ce style que j’appelle le mutationnisme s’est fait quelque peu en parallèle avec ce que je nommerai plus tard le cartoonnisme. Les deux tendances ont évolué côte à côte durant un certain temps, sans que j’en aie pleinement conscience. Ce n’est qu’avec le recul que j’ai réalisé qu’il y avait déjà du cartoonnisme dans le mutationnisme : dans certaines formes, dans l’exagération des figures, dans une tension graphique qui dépassait le simple registre sombre. Cette prise de conscience m’a naturellement conduit, par la suite, à poursuivre et à approfondir le cartoonnisme durant une longue période.
J’ai ainsi opéré un virage progressif du sombre vers la lumière, en développant des couleurs pures, appliquées sans retouches, et des gestes bruts et assumés. Ce passage n’a pas été une rupture franche, mais une transformation organique : une mutation du regard et du geste, fidèle à l’évolution naturelle de ma pratique.
Contexte
et évolution artistique personnelle
L’expression « nouvelle figuration » a émergé en 1981, marquant une redéfinition de l’art où j’ai instinctivement pris racine. C’est dans cette dynamique que j’ai amorcé une démarche de création plus affirmée, cherchant à traduire ce qui était essentiellement moi. Trouver ma couleur, ma texture, mon empreinte, ma signature.
Mon regard s’est affûté très tôt, porté par un intérêt viscéral pour l’art et une fascination pour les œuvres de maîtres comme Alfred Pellan, dont l’univers foisonnant m’inspirait au plus haut point. À la fin des années 80, alors qu’un vent de réinvention soufflait sur tout, porté par une esthétique post-punk et l’influence du “No Future”, j’ai commencé à structurer ma pensée picturale.
Au départ, mettre des mots sur ce que je faisais et ressentais relevait du défi. Mais avec le temps, ma trajectoire s’est précisée, guidée par deux axes majeurs : le Mutationnisme et le Cartoonisme. Aujourd’hui, mon travail s’inscrit dans une nouvelle dimension, que j’intitule « Les portraits des espaces intemporels de la conscience », amorcée avec une première collection sous le thème des « Candeurs allégoriques ».