
Balthazar se replie sur lui-même, au bord d’un éternuement cosmique, comme une créature venue d’un monde où l’absurde et la poésie cohabitent.
Balthazar a le rhume est une œuvre située à la frontière de deux périodes de ma recherche picturale : le mutationnisme et l’émergence du cartoonnisme. On y sent encore l’empreinte des formes hybrides et instinctives du mutationnisme, mais déjà la liberté graphique et l’ironie visuelle qui annonceront les personnages plus ludiques du cartoonnisme.
Balthazar apparaît replié sur lui-même, dans une posture presque comique, comme au moment précis où l’on relâche une toux ou un éternuement. Son corps se plie et se contracte dans un geste involontaire qui le rend à la fois fragile et drôle. Sa tête, coiffée d’une étrange crête, mohawk ou plume d’oiseau, renforce son statut d’être venu d’une autre réalité.
Balthazar n’est ni tout à fait humain ni vraiment animal. Il appartient à cet univers de créatures ambiguës qui traversent mes œuvres : mi-oiseau, mi-bipède, peut-être simplement une forme d’esprit incarné dans la matière colorée de la peinture.
À ses côtés se tient une présence singulière : un personnage à double face, réduit presque à une tête, avec des yeux ronds qui regardent de chaque côté. Un homme-tête, étrange gardien ou témoin silencieux de la scène. Une main posée sur sa tête semble chercher quelque chose, comme si une idée devait surgir ou être attrapée dans l’air.
Leur peau jaune et leurs nez rouges ajoutent une dimension burlesque à la scène. Mais pendant que l’homme-tête semble réfléchir ou tenter de comprendre, Balthazar, lui, s’en fout complètement. Plié sur son sol bleu constellé de cercles orangés, il attend simplement le moment de bondir.
C’est une scène suspendue, presque absurde, où l’énergie du mouvement est contenue dans l’instant qui précède l’action. Une petite tragédie comique, colorée et instinctive, capturée dans la matière.
Que ce soit pour une œuvre, une collaboration ou une idée à explorer, laissez-moi vos coordonnées et je vous répondrai avec plaisir.